Sunday, April 26, 2015

Burundi, Generations Confuses

Vous êtes nombreux à l’avoir entendu : quand le Frère Nepo célébrait ses deux ans de prêtrise, son ami musulman l’appela pour lui dire, «Vous autres les prêtres cathos n’avez pas de problème de mandat. C’est à vie ». Ainsi, des manifestations intéressées débutèrent, particulièrement en 2012. «C’est dans le discours de vœux pour le nouvel an, que le Président Nkurunziza dénotait son intension de se faire élire en 2015 », témoigne Leonidas Hatungimana, son porte parole d’alors. Des débats internes commencèrent sur la légitimité/légalité ou pas, et du dialectique « Troisième mandat ».

Or, le précédent thème parait être un problème secondaire, le juristes Belges Reyntjes en rigole même. En voici le résumé.  Dans le cadre général, ce sont « les faits têtus », pour reprendre le Président Rwandais, « Qui édictent le climat dans lequel le pays se retrouve maintenant», le journaliste Muhozi,I., défendait-il les médias de ceux qui les responsabilisent d’envenimer le débat. Au lendemain de la désignation de Nkurunziza par son parti CNDD-FDD, des mouvements de manifestation éclatent sur la capitale Bujumbura. Trois ministres se font escorter par des policiers pour violer les enceintes de la RPA (Radio Publique Africaine). L’objectif était de la fermer, comme elle et deux autres (Isanganiro & Bonesha Fm) sont restées brouillées a l’intérieur du pays : « Qu’on ne prononce plus le mot ‘démocratie’ au Burundi, nous sommes vivons des signes des Républiques bananières », dénonce Muhozi. 
Assault a la RPA
La veille, durant le congrès du parti présidentiel, le candidat se démarqua par un discours défini par « Le spiral du discours identitaire » : rappel de l’histoire, victimisation, avertissements, peur, etc. Plus encore, pour l’occasion, ce fut pour la première fois qu’on assistait à un rabaissement public des institutions tels le Président de l’Assemblée Nationale et du deuxième vice-président de la République. Motif, leur tendance à un désaccord de la candidature de Nkurunziza. Ils devinrent victimes de la situation.

Ainsi, le Burundi se déposséda …
Dans les recherches de leadership, on différencie un « gérant » d’un « leader » par le fait que le premier a peur et évite les conflits, au moment ou le deuxième apprend et change à travers des leçons. Oui, le Burundi a souffert dans les dernières décennies autant, voire plus que ses voisins, mais il semble rester derrière à tirer leçons de ses malheurs.  Néanmoins, sur le plan sociopolitique, ceux qui tendent à la simplicité partent de la signature des accords d’Arusha et tous les événements y relatifs pour conclure que le Burundi présente un avenir meilleurs par rapport à plusieurs autres pays africains. « Je suis le seul Président de la République élu et resté au pouvoir durant les deux mandats », soit dix ans de suite. Qui dira le contraire du Président Nkurunziza ? Pourtant, c’est ce que le Professeur Gertrude Kazoviyo trouva de « discours populiste ». 
Puisque la référence est l’élection, puis l’assassinat de Ndadaye Melchior en 1993, la question de fond, et seulement pour les mieux spirituellement équipés serait, « Comment expliquer que le prix/leçon à tirer de ces événements malheureux soit la situation sociopolitique et surtout économique du Burundi actuel ? ». Ici, en simplifiant trop, on néglige a tord ce qui a suivi cet assassinat.  « Est-ce que tous ces héros peuvent mourir en vain ? Quand nous battons et tuons nos propre frères, sachant qu’ils sont déjà les victimes de la situation » (Victims/Dube, L.).

Pourtant, de la politique –puisqu’elle régule tout au Burundi-, c’est peut-être un des rare pays à avoir quatre ex-Présidents de la République. 



Monday, March 23, 2015

How to Boost one's Destiny

Nothing can lead to success in our life, but determination.Yet determination is the result of different factors. In the case of a famous young Burundian volleyball player, these were a good education, the influence of the place where he was raised, his personality, some opportunities and the way he is making his dreams reality. It is true that where there is a will there is a way, and the combination of those last reasons, amongst others, are making Sixte Nderagakura, a famous volleyball player.

Maelle Noe and Audace Machado

“People always tell me, someday, I will travel all over the world, someday I will write a book; someday I will do this and that. The only problem with this is that ‘someday’ isn’t on the calendar. And you will never be as young as you are today to fulfill your dreams and do the things the way you really want», Canaves Sebastian
Crossing the world
argues in “The importance of following your dreams”.

Everything has a foundation. And if we credit education as one main component of this foundation, we can see where Sixte gets such strength. From his family and elementary school to his experience in boarding school, and still, during campus’ life, he had the benefit of good guidance, model and management. Indeed, illustrations are numerous, from a balanced family life that influenced the next steps of his education. He was selected for seminary school where he learned two extremely valuable things: what makes an organization strong, and that: “a hungry man is an angry man”. From this experience, he gained a healthy diet and good schedule habits that sustains sport time and attraction for such a young boy. He could then pretend to be a future sportsman.

In addition to such a foundation, to succeed, people need favorable social development. That may mean, especially for Sixte, the place where he grew up. Born in 1987, his home was not located at some miles from the main and professional “sport complex”. So, he could since very young, follow and learn from sport events. Moreover, he could learn from his elder brothers who are also very good sportsmen. Finally, once at the secondary school level, he experienced competitive matches opposing local schools, including his.

“People think that it is amazing the way I am living my life. But they don’t understand why I do it the way I do. Elder ones think, what do I know about life. Younger ones –because they grow up in an environment where it was/it isn’t important to be successful, they don’t even talk about their dreams. But both think that I am lucky that I am doing the things as I do”, Canaves introduced his lecture.

Retreated into Kanyosha seminary boarding management, located in Bujumbura, his social development was boosted as he also distinguished himself both in general education and in sports. There, he gained interest from his Rector, Father Muyehe Emmanuel, who was a good sportsman too, and the neighborhood sport community.
Consequently, he was recruited by local and international teams that had pinpointed as a successful volleyball player. He has been targeted by teams from Rwanda, Uganda, Kenya, etc.

Looking beyond these valuable opportunities, Sixte never disappointed neither his family, nor his surroundings, as he thrived developing the kind of young boys’ model personality. This prepared him to be a disciplined and successful volleyball player.
To understand this personality, let us highlight the behavior of a boy who still likes challenges. He is the kind of guy who never gives up. A great example of this was his decision to defeat those who believed that science can’t fit sport, by opting for medicine studies. Those are the longest course of studies in the whole region.

In terms of sport, Sixte also developed a group behavior, which includes qualities such as tolerance, relationship, etc… He also sharpened his physical and mental skills such as endurance and jumping capacities, which contributed to making him a winning athlete.
As a result, although the very soon physician to be, is a young man, and from countryside, he is making his life a successful one, especially known in Burundi, and in the whole Africa Great Lakes region, as a famous volleyball player. Already, Nderagakura widely travelled in different countries on the call of different local and international volleyball clubs. The combination of good education, social and personal development may be summed up as the reasons of his winning estate. Therefore, that esteemed young man, and all the factors hidden behind his profile may recall that “When you really want something, the entire universe conspires to help you achieving your goals”, as the King told Santiago in the “Alchemist”.

Monday, February 23, 2015

La Française au Burundi : un SAS asexué

Un tambourinaire Burundais
posant aux cotes du S.G de la Fr.
Le français rehausse le Rundi. Ensuite, quelles insultes ! Il fait de même aussi, pour le Pakistan ou l’Indien, habitant du quartier asiatique. « Le Petit Blanc » ou le Grecques du Burundi y passera aussi. Le Philosophe et littéraire, Dr Juvénal Ngorwanubusa le rappelle à qui aurait lu le « SAS – Broie Du Noir ». C’est aussi le Belge qui en découd avec le Français du Burundi postcolonial, ou vice-versa. On jugera si oui ou non le Belges n’a  introduit que la « Primus » au Burundi. Dans sa rigueur scientifique, on dirait que Ngorwanubusa reprend leurs stéréotypes. Pour comprendre le contexte, dans son livre « Dominer pour servir », « Ryckmans trahit la distance et le dédain du colonialiste envers le colonisé. Il déclare sans ambages qu’il est venu, lui et ses maitres “civiliser” ce coin d’Afrique », éclaire Emmanuel Nkurunziza, Professeur et Chercheur en  littérature  à York- Toronto-.  Comme la diplomatie n’a pas de place ici, les mots crus ont fait, et font toujours les sincérités voire les stéréotypes ou cachets de tous les acteurs du français, retrouvés dans le nouvel ouvrage de Ngorwabubusa,  « Le regard étranger. L’image du Burundi dans les littératures belge et française ».  Fin de l’hypocrisie : ceux qui le lisent sont « Majeurs et Vaccinés ».

Cet article se réfère aussi à celui à propos du choix du S.G. de la Francophonie

Audace Machado


Burundi, bénédictions divines.

Bien que « Le livre n’est pas une fiction, mais une analyse des fictions et réalités notées par d’autres francophones », éclaire Ngorwanubusa, le penseur reconnait un mariage de vérités et des « on-dit», dans les quelques livres qu’il décrypte. Emmanuel Nkurunziza, chercheur aux études francophones de l’Université de York –Canada- y va direct : « L’image du Burundi dans les littératures belge et française  ne diffère pas tant de l’image du negre en général, lorsqu’il est vu par le colon; ni de celui de l’africain contemporain vu par l’européen ».
Par exemple, partons de Mgr Julien Gorju qui, déjà en 1958 à Bruxelles, décrivait le Burundi comme « Un peuple unis à qui personne ne peut empêcher de rigoler ». Ngorwanubusa revient aussi sur Rychmans qui, en 1947 dans « Barabara », renseignait : « Ici c’est de vraies rivières (…) un peuple accueillant, etc. ». En effet, si Jean Jacques Mitakaro, autre intellectuel Burundais et habitant un différent pays de la Francophonie –le Alberta/Canada- reconnait amèrement qu’ « Il est, en ces temps du 21e siècle, très difficile de parler positivement du Burundi ». Pourtant, quelques années passées amenaient Rousseau, A., dans son « Exile Africain » de comparer le Burundi à la Suisse. Plus encore, revenant à la richesse du poisson du Tanganyika, ce dernier appréciait « L’Usumbura comme une îles du Pacifique ». Socio-politiquement, dans « Eclipse sur le lac Tanganyika », certes les Hutu et les Tutsi existent, avec les descriptions colonialistes, mais la barbarie ne les a pas encore conquis. 
  

Burundi, diables jaloux.

« Mutima », c’est le nom que Nadine Dominicus van den Bussche donne à son mari Nyangoma, G. intellectuel hutu, tué en 1965. Mgr Gorju est clair dans ce qu’il appelle « Diables jaloux » : la violence caractérise aussi ce peuple, et les ethnies en furent le leitmotiv. Pierre Rychmans lui, dans « Barabara », décrivant ses trajets d’Usumbura à  Kitega, de Tabora au Cameroun, etc., son étonnement pour un peuple dévoué et endurant,  n’oublie pas le caractère de « Vrais Basenji » (païens) avec tout ce qui va avec : des menteurs, des voleurs, des animaux intelligents, des pauvres puants de saleté, etc.). Plus tard, dans le SAS sur le Burundi « Broie Du Noir », De Villiers ne cache pas ses méconnaissances du pays qu’il traversa, surement. Nkurunziza, E., y gardera, par exemple, « D’un cote, le méchant et violent aristocrate tutsi, et d’un autre, le servile et bonasse indigène hutu qui, même devenu officier de l’armée par exemple (comme le “colonel Nicoro”), se fait rouler par un Président tutsi (“Bukoko”) qu’il tenait pourtant en joue! ».   

Le Philosophe Ngorwanubusa sera aussi marqué, notamment par ‘un mélange explosif’ et des fois, contradictoire: « d’une part, des ministres ou officiers militaires Tutsi composant avec des businessmen blancs ou des trafiquants Indo-pakistanais. D’autre part, des Hutu évolués couchant avec des Rwandaises Tutsi, refugiées au Burundi. C’est une sauce de comportements, quand on y verse celui des boys hutu, domestiques chez des Blancs de Bujumbura surtout(…)».

La question aura été, « Vous êtes peu nombreux Burundais à produire des romans et essaies littéraires. Etant donné que des aspects tels l’évolution culturelle, la mondialisation, etc., modifient les valeurs culturelles, quels genres littéraires seraient-ils abordable aux nouvelles générations, et de nos pays ? »
Quoi d’anormal ? Les œuvres littéraires ou artistiques paraissent réussir après effet quantitatif, qualitatif mais aussi de publicité. « Partout où j’ai vécu en Europe et en Amérique du Nord, la majorité des enfants de la diaspora burundaise ne parlent pas du tout /ou très peu le Kirundi et c’est très dommage. », une modération voire absence que Mitakaro, le businessman Burundais, trouve chez  ses concitoyens de la diaspora. « Quand vous écrivez bien, on vous reproduira », lance l’écrivain Ngorwanubusa. C’est aussi la conviction ou le contexte qui influent.
Et puis, « Pour pouvoir influer sur d’autres cultures, il faut absolument que nos langues soient sollicitées, utilisées dans le processus de création, que ce soit au niveau artistique ou littéraire. », ce que déplore le scientifique Nkurunziza, E., en ce qui est du Burundi.  L’art de « l’Amérique Negre », celle de l’Afrique du Sud, etc., viennent confirmer les enseignements du Dr Ngorwanubusa. Si, « La littérature inclus aussi bien la musique, la filmographie, la bande dessinée, etc. », comprendra-t-on une fois un Ministre de la jeunesse et de la culture qui ne sait plus quoi dire, quand des musiciens Burundais fuient leur pays menacés, suite à leurs productions.

Plus encore,  si le Tambour Burundais est désormais du patrimoine de l’Unesco, survivra-t-il un protectionnisme local et étrange? Rappel, le Gouvernement prétendant le protéger, il le rend inaccessible. Alors, les jeunes qui y jouaient avec fierté –au Burundi comme ailleurs-, et/ou qui vivaient de cet art, continueront-ils cet exercice à la fois physique, artistique, et civique ? « Nous n’avons pas de politique culturelle solide et agressive », lançait aussi le philosophe écrivain, ancien membre d’un Gouvernement Burundais.

Ecrire en français  oui! Et la crédibilité alors ?

« Notre problème et de nous accorder sur les processus des différents événements, surtout les plus
Prof Ngorwanubusa présentant son livre
à Bujumbura
tragiques. Par exemple, Hutu et Tutsi nous accordons, par exemple que le Président Ndadaye a été assassiné le 21 Octobre 1993. Où nous ne parvenons pas à être d’accord, c’est dans le pourquoi et au déroulement des faits », rigole le Critique Ngorwanubusa, défiant la fameuse Commission, Vérité et Réconciliation.


Un autre intellectuel de la diaspora Burundaise - Winnipeg/Canada-, Yves Florent d'ajouter, " Il faut juste savoir qui était De Villiers. Ce gars-la se situait a l’extrême droite. Il était ce qu'on appelle un "white supremacist" et ça transparaît dans son oeuvre qui consistait a dénigrer les autochtones des pays que parcourait son héros Malko. C'est ce qu’appréciait les lecteurs occidentaux. Par conséquent, on ne pouvait rien attendre d'objectif ou cohérent, sociologiquement parlant, de cet auteur".


En outre, une question dans la salle rappelle le directe du Professeur : « Nadine Nyangoma, historienne de formation, n’expliquera même pas que les Tutsi de Busangana-Muramvya, massacrés par des éléments Hutu de l’armée, majoritaires à l’époque, l’aient été pour des raisons politiques». Le livret de poche, SAS de De Villier, G., « n’enlèvera l’équivoque de qui lança les massacres de 1972 : le militaire tué près du mess des officiers de Bujumbura, ou des étrangers qui lancèrent les massacres au sud du Burundi ? » 

Jean Jacques Mitakaro, autre intellectuel Burundais et de la Francophonie –Alberta/Canada- trouve que, par exemple, « L’auteur de SAS cherche à présenter une image convenable à son personnage principal : femmes, violence, etc. Je ne me baserais pas sur un SAS pour juger l’image d’un pays ».

  
De son côté, dans « Mon Patient Sigmund Freud », Tobie Nathan, ethnopsychiatre et connu au Burundi et récemment (les années 2000, AUF), revient aux événements de 1993, attestant que « Les Tutsi sont victimes du génocide ».  
L’auteur critique, tente une justification : « La Littérature diffère de l’Histoire parce que l’on est libre d’y glisser un vernis artistique ou pas, et qui peut être  idéologique ou opiniâtre ».  

Bonsoir Professeur.

Lors de la présentation de son livre, « Bonsoir Professeur » fut la phrase introductive, en tout cas pour les civilisés présents dans la salle. Le Burundi n’en connait peut-être pas plusieurs qui connaissent les occidentaux, Français, Belges, Suisse, etc., Canadiens ou Américains ; à travers les faits historiques, sociopolitiques. Et puis, l’écrivain tutoie modestement ce monde, de visu ou à travers les lettres : « Toutes les disciplines scientifiques sont présentes dans la littérature » se plaisait l’intellectuel à paraphraser Barthe, R. Ensuite, c’est le penseur qui, à  travers sa pensée sur la littérature française au Burundi, s’envola à Paris y recueillir « Le prix de la Renaissance du Livre de 2014 ».  Faut-il lui rendre hommage, comme scientifique mais aussi modèle de tous, y compris « des artistes nés, ceux-là qui peuvent créer en français. Il leur faut écrire et surtout publier, afin de rendre visible cette littérature Rundi », note de Nkurunziza, E. de l’Université de York.

Or ce n’est pas ce qui manque. Pensons aux pièces de théâtre de Nzikobanyanka, E., Candide Niyonkuru, de Pierre Nkanira, de Mfatiye Severin, de Ntahokiriye Melchior, de Marie-Louise Sibazuri, etc., des romans divers ; de  la musique, partant de Nkeshimana Emmanuel, Ciza Sylvestre, Canjo Amisi, Steven Sogo, Lion Story, etc., tout cela doit être promu.

A propos des artistes Burundais  - ou d’ailleurs-, persécutés, le Philosophe écrivain rigole, simplement. Le Burundais chercheur  à York lui, lance la logique, « C’est du déjà vu » : « Le monde tend davantage vers la tolérance des idées contraires ». Emmanuel expliquera qu’« avec le temps, une telle pratique finit par produire l’inverse de ce qu’elle semble viser. Si un artiste, un écrivain est interdit et que le monde l’apprend, le déchaînement des soutiens va de pair avec un engouement à découvrir les idées et le style de cette personne sur lequel un régime donne ou une religion donnée s’acharne ».



Bref, ça durera juste un temps !

Saturday, February 21, 2015

Is Burundi risking a transition?

Dr Nimubona,J.
“When, in USA CIA’s documents go out control – remembering Weak leaks-, there is a danger” says Dr Nimubona, Julien. The political scientist is analyzing the political situation in Burundi, couple of months before elections in Burundi. 

Audace Machado


General Niyombare Godefroid, set Chief of the –Burundi- National Intelligence Agency around three months ago, is also kicked out by “Not only the President Nkurunziza, but with a group of some other police and army officers”, feels the Professor. That happened on February 18th, three days after a cable from the NIA had presented an important cautioning document to the Head of the State.  It’s not a tract as long as nobody rebuffed its existence.


The document is important as, “It assumes its allegations –government’s errors-.It asks Nkurunziza. It addresses also the Government’s donors”, Dr Nimubona explains. The main idea of the document seems to advise Nkurunziza not to even attempt any third term campaign, and for his/and the country’s sake. “If he even tries, I am afraid that elections won’t take place, for two major reasons: first, I suspect opponents would leave the competition. Second, considering some disappointments towards the Arusha Peace Accord, donors would uncouple with the government”, Nimubona interprets.  In other words and locally, any mulish from Nkurunziza may output troubles in the country: 
Gen.Niyombare,G.


“If nothing changes, I see a transitional government at the gate. It is absolutely possible. Look, people and all over the world think coup d’Etat are anymore achievable, which is wrong. When troubles break out, governments lose their power. If they last, the results are always that some organized people try to control such situation. Burundi may look alike Burkina Faso, though conditions and circumstances differ. 
(Bob, arrest till liberation in bref and picture)
I mean, someone can lead the country to other elections, in that case”, Dr Nimubona gives such details considering two aspects: one,
“If Burundi peace keeping troups are doing their task efficiently in Somalia or elsewhere, it's not obvious in Burundi. This is their own community and identity, do you understand? Two, we can refer to demonstrations that occurred last Thursday.” 

Friday, November 28, 2014

Francophonie, trouvera-t-on aussi géant que Diouf ?

L'article fut publier en premier sur Isanganiro

Qui a dit que « Personne n’est irremplaçable? »  Et comment, pour être pratique, peut-on remplacer lettre sur lettre nos disparus. Oui, c’est exagéré voire incomparable –en ce qui concerne le secrétariat général de l’OIF. Rappelons qu’il est question de remplacer Diouf, le dauphin de Senghor, 1er noir Africain à l’Académie Française. Il faudra autant géant ou plus géant que Diouf, à considérer l’évolution de l’OIF et dans le monde actuel, mondialisé.  Et qui, et comment, et pourquoi faire alors ?

Un mastodonte à remplacer : le monde aura eu des titans, des génies, des héros, des ogres, etc., oui ils ont/ils existent. Visiblement, Abdou Diouf l’a toujours été, malgré l’évolution médiatique et géopolitique, l’énigme reste : « comment ce Sénégalais est parvenu à être plus qu’une autorité, une institution ? ». Mais encore, l’origine de l’autorité de Diouf conditionne la grande question actuelle : « Qui le remplacera-t-il  et pour quel agenda ? ».  De fait, c’est une question de taille, d’histoire –pour ne pas dire d’expérience, de comportement, etc.-, mais encore et surtout, de légitimité. Sur le plan économique et culturel, l’enjeu est aussi de taille : il s’agit d’un leader qui guidera une sphère qui doit « s’imposer comme lieu d’échange culturel face à l’hégémonie Anglos-saxonne : face à Google, Microsoft, Netflix, Amazone,... ». C’est Esther Kamatari, Altesse Burundo-Française qui rappelle la logique de la « Propagande silencieuse » (I. Ramonet).

En effet, Abdou aura été le seul et Homme Noir pour diriger si longuement -12 ans, soit en trois mandats- l’organisation basée sur une civilisation initialement blanche, la francophonie. En voudrait-on aux opinions qui considèrent encore l’organisation de « Néo-Françafrique ». Le nouveau S.G arrivera-t-il à convertir cette image colonisatrice ? Bref, remplacer Diouf à la tête de la Francophonie sera toute une révolution. Petit exemple : pour une telle institution en pleine conquête mondiale, une institution géopolitique et financière, qui tentera la conquête du Proche et Moyen-Orient comme Diouf l’avait initié, sans connaître les détours de la culture de ladite « région trésor »? Oui, les enjeux mondiaux, spécialement, l’argent se retrouvent –aussi- là-bas. Y’aura-t-il un remplaçant qui comprendra comme Diouf que, « Il y a une utilisation de la religion pour des appétits politiques ». Or,

La Francophonie devint plus qu’une sphère linguistique : Il y aura eu « La Baule ». Et l’Afrique en particulier fut chambardée –parce qu’elle n’était pas prête pour ce qui sera appelé, « démocratie ».  Autres exemples contemporains ? « Nous devons être auprès de la Guinée Conakry frappée par l’Ebola », et François Hollande n’a pas évoqué le Liberia ou le Nigeria.  Pourtant, les gens y mouraient aussi, mais ces sociétés plutôt anglophones gérèrent ce virus, plus rapidement. Mars 2014, nous écoutions passionnément Jimmy Carter, confirmer, « Les OMD sont un outil géopolitique ». Notre débat à Emory consistait en la signification de la Justice Sociale.

Par ailleurs, qui oubliera la place de la France –mère de la Francophonie- dans le conflit Ivoirien (2011),
Esther avec des amis
Malien (depuis 2012), Centrafricain (2013 et 2014), Burkinabès (2014), etc. Pourquoi des dictateurs Haïtien ou Tchadien (…) trouvent-ils refuge –leur droit aussi-, en France ? Le Rwanda, aurait-il raison en virant vers le Commonwealth après le génocide de 1994 ?  Princesse Esther, Ambassadrice de la Maison Guerlain – parfumerie distinguée de la France, va plus loin,  « 
Le défi majeur sera encore et surtout  l’éducation, bien sûr les droits de l’homme, sans oublier la coopération au sens de l’enrichissement mutuel et dans les respects des institutions ».  Bref, il faudra trouver un remplaçant de Diouf pour perpétuer le statut de la Francophonie comme projet politique, ou institution de promotion de la démocratie et de la bonne gouvernance, héritage de Diouf.

Pas qu’une femme, pas qu’un Homme : ce qui est sur, depuis Avril 2014 à Kinshasa, Diouf aura été clair, « Prolongation, jamais de la vie ». Présentement et dans les bourrasques politiques de son Afrique, Esther Kamatari, Conseiller Municipal à Boulogne-Billancourt, comprend Diouf et propose au future S.G de l’OIF de « Rassembler les différentes identités qui composent la communauté autour des valeurs communes et modernes».  Mais encore, c’est stratégique de la part de l’Europe Francophone que le S.G provienne d’ailleurs que d’Europe, si pas de l’Afrique  –nombre d’électeurs, par exemple-. C’est-a-dire que, pour un ensemble de pays comptant plus de 220 millions de locuteurs, bien que ce n’est pas qu’une affaire d’une personne, il serait mieux d’avoir un profil autant - au mieux - plus costaud qu’une expérience de 19 ans, à la tête d’une Nation telle le Sénégal.
Pour rappel, la France –seule- gère le TV5 Monde, l'Agence Universitaire de la Francophonie, l'AIMF et l'Université Senghor d'Alexandrie. Et la question reste : Qui occupera le fauteuil de Diouf ?  

En tout cas, des 12 candidats -au départ-, des éminents journalistes Francophones -FrançoisBugingo-, et Cheikh Touré –Mediapart- favorisent Michael Jean et Pierre Buyoya, dans leurs conclusions, à quelques jours du vote du nouveau Secrétaire Général de la Francophonie.

« Maktub », suggestion de l’écrivain Coelho. Oui, « c’est écrit ».  Seulement, le débat naît entre le rattrapage de l’histoire et la place des intérêts des plus concernés. Limitons les spéculations, et revenons à certains faits. Tenez, ce serait donc une compétition entre une Journaliste et un Officier Militaire. Tous deux, personnes de couleurs, ils devinrent politiques. Et les deux ont comme motivation, l’économie, une fois à  la tête de l’institution. Qui sait qui parle français, mieux que l’autre ? Du coup, l’accent français n’est plus un enjeu pour le Poste.  Mais encore, nous avons d’une part une ancienne Gouverneure Générale d’un pays décideur au sein de la francophonie, actuelle envoyée de l’UNESCO en Haïti ; d’autre part, nous avons un ancien Chef d’Etat d’un petit pays –jusque là et administrativement- francophone, et actuellement, Haut Représentant de l’Union Africaine pour le Mali et le Sahel –fief de la France-. (…). Le retraité militaire aura mené des missions de la Francophonie, jusqu’en Russie.

Michael J., avec un Burundais
ancien roomate a moi a l’université 
Mais alors, que préférera-t-on d’une femme, ancienne Représentante de la Reine d’Angleterre –Commonwealth-, à l’homme qui prit le pouvoir par coups d’Etat –deux fois- ? Anecdote : Buyoya déposa un Jean Baptiste Bagaza -1987- « Le Président déposé participait au sommet de la Francophonie », me disait l’Ambassadeur Cyprien Mbonimpa. Sur ces mêmes ondes, feu Ambassadeur Kanonko Philippe me précisait « le sommet se tenait au Canada », pays qui sera gouverné, plus tard, par sa concurrente, Michael Jean.

Déjà, Hollande F., propose une voie conciliatrice : il propose que le  Secrétaire Général  et l’Administrateur Général ne proviennent pas du même continent. Peut-on déjà penser qui sera qui/quoi ?


A ne pas négliger : certainement, la France négocie ses intérêts avec le Canada –énergie, facilités académiques, etc.- mieux qu’avec l’Afrique –énergies, troupes, minerais, etc.-. Politiquement, Isaac vivant au Canada, il commentait sur facebook –le 3 Novembre- « La Canadienne suivra-t-elle les orientations de la France, si elle occupe le siège du S.G ? » Cette observation nous mène au pouvoir et force de décision ou d’influence qu’aura le prochain S.G de la Francophonie. Par exemple, « Elle devra favoriser la libre circulation des idées et des valeurs mais aussi des personnes : ces africains qui peinent à obtenir des visas pour les espaces francophones », remarque le 1er mannequin –noir- de l’histoire de la couture française. Esther Kamatari sait ce qu’elle dit pour s’être rendue chez De Gaules depuis 1970.


Culturellement, je garderai le proverbe que feu Ambassadeur Mamadou Bah m’apprit –en présence du Président Buyoya d’ailleurs- : « On demande les odeurs des toilettes à la personne dont les narines en sont proches ». Et puis, le Premier Ministre Canadien et le Président Burundais sont attendus au Sénégal, au 15e sommet de la Francophonie. Soutient aux candidats ?

Audace Machado

Thursday, October 30, 2014

Compaore n'a pas détruit que Sankara

Une Révolution Iceberg : Cinq ans après, je n’en croyais pas encore mes petites leçons apprises du « Pays des Hommes Intègres ». En effet, je répondrais positif a la question de François Bugingo, pas pour les Québécois que je ne connais pas encore –beaucoup-, mais pour les Burkinabès qui m’hébergèrent pendant quelques jours, en 2009. Je sais qu’on ne découvre pas une société en quelques jours, mais il y a des signes qui ne trompent pas. Et puis, ça dépend de l’œil de l’observateur. D’ailleurs même les nôtres, on ne les « connait » que très passagèrement.
Source RFI
Oui, j’ai sifflé plusieurs motards et motardes –comme on fait chez nous-, avant que je ne sois ridicule ou considéré en fou propre, et qu’il me soit révélé qu’ils ne sont pas taxis, ces motocyclettes. Pourtant, à la fin de mon séjour à Ouagadougou, je serai conduit en moto à l’aéroport, par un type très courtois à qui je payais.  Courtois, était-il, comme la plupart de ces hommes aux pantalons noircis au niveau des cuisses –ils essuient la sueur des mains, à cause de la chaleur- que j’ai découverts conduisant des Mercédès verts. La question est, pourquoi ces frustrés ne se sont pas enragés plutôt en période d’été ? Il fait plus chaud là-bas aussi, non ?

Compaore, homme de dialogue ? Je dis, mon œil ! Mathieu Mabin lui propose l’idée que ce soit « l’image que Compaore diffusait jusque-là, au monde extérieur ». Mabin, n’a-t-il pas raison ? Tenter de changer la constitution, pour s’éterniser au pouvoir, je n’y trouve aucun caractère d’homme de dialogue. En tout cas, pas dans la logique de partage, de tolérance ou de reconnaissance des forces d’autres que soi. Autre preuve ? Qui a assassiné « Mogho-Naba » dit Le Capitaine Africain ? J’irais plus loin : « Il a été trouvé brûlés dans une jeep land cruiser », me témoignait Abdoulaye Diallo, Directeur du Centre Norbert Zongo –alors-. Il me parlait de l’Africain, massacré –des années qui suivront- comme Chebeya ou Manirumva, pour ne citer que ceux-ci.

« Malheur à ceux qui bâillonnent le peuple », confirmait le Capitaine Sankara. En tout cas, il y a une fin à tout ! Le Lundi 11 Avril 2011, j’assistais en directe à la chute honteuse de l’Homme fort du Sud-ouest, Cote d’Ivoire. Jusque cette après midi-là, je me demandais qui aurait cru en cette « fin du monde » pour certains. Plus encore, je me rappelle d’un ami vivant à Dubaï qui me disait -2011- qu’il ne peut jamais arriver à Kadhafi  ce qui arriva à Ben Ali et à Moubarak.  Je rigolais, pas par enchantement de ce qui bouleverse l’Afrique –ce n’est pas fini-, mais par le fanatisme de ceux qui ignorent ou ferment les yeux face à 1) certains enjeux mondiaux, 2) l’ignorance du concept politico-économique et social dit « contagion ». Oui, ca fait pitié : rappelons-nous-en, jusqu’à la dernière minute, on dit à ces dictateurs que « la situation est maîtrisée ». C’est quoi cette drogue ? « Sait-on ou il est Compaore cette après midi ? », entendais-je Leurent questionner sa correspondante Treiner.

Compaore aura détruit, tout. L’erreur de tous ? On se fait tromper sur les réalités, jusqu’au jour ou trop devient trop. Recours ? Tentative de l’armée ou de la
Source FB
police de contrôler les choses, or ils ne sont jamais éduqués à la négociation. Du coup, les gaz lacrymogènes se font accompagner de balles réelles. Cela veut-dire, tuer ! Et puis alors, « L’arrogance » ou l’ignorance des Chefs ! Au Burkina, j’habitais à Gouguin, au tournant de la Cathédrale St Pierre. Ce n’est pas à moins de deux heures de marche, de la ville. Souvent, j’y allais à pieds –comme les taxis finissaient tôt-, et quand je me perdais, il y avait toujours des gens devant chez eux à qui je pouvais m’adresser. Et, quelque soit l’heure, on m’avait dit qu’ « au Pays des Hommes Intègres », les gens étaient ainsi accueillants, surtout quand il est question d’étranger. En 2012, je me retrouvais face aux valeurs pareilles, lors d’un entrevue avec l’actrice Aminata Diallo Diaz, dite Kadi Joly. On m’avait dit que très rarement on se faisait attaquer par des bandits, dans ce pays.
Et maintenant alors ? Qui va arrêter la rage de ces gens enragés, appauvris, qui détruisent et pillent. En tout cas ça prendra du temps. Oh, économie ? Je serais étonné que le siège de l’UEMOA reste ouvert.

Il ne fallait pas : Il y a exactement trois mois avant cette marche sur Ouaga et Bobo, un ami me parlait, vers Shady Grove, de Ismail Sankara et de l’engagement de ce dernier  pour que Vérité éclate. Il ne fallait pas tuer lâchement Sankara. Un autre jour, alors que nous nous plaisions à discuter culture et politique dans un bar de Ouaga, un de ces enfants de colonisés français vint demander de quels pays nous étions. « Ici, on ne parle pas politique », nous lançait-il en rigolant. Il ne fallait pas corrompre et taire tout un peuple, en les distrayant avec les jeux, malgré leur appauvrissement.
Source RFI
Arrogance, disais-je. Compaore, se sentait-il obligé de répondre à  Obama «  L’Afrique n’a pas besoin d’hommes forts mais d’institutions fortes » ? Plutôt, je trouve qu’il a empiré sa faiblesse en n’y entrevoyant pas la dualité du genre « Autoritarisme et Démocratie ». Il ne fallait pas que ce soit lui qui « pécha en paroles ».
Et la suite de tout ça ? Surement que bientôt, les lumières allumées –symbole de la recherche de la Vérité - depuis l’assassinat de Zongo -1998-, s’éteindront. Et celles non visibles, allumées depuis 1987 –assassinat de Sankara et de ses 12 disciples- alors ?-

Détrompons-nous. Ni les 27 ans au pouvoir, ni -un peu plus- la manipulation de la constitution ne me semblent pas être le problème. Le problème semble : qu’est ce qui a nourri ces frustrations exposées en pleine rue et de la manière, et comment le calme sera-t-il restauré ? 

The Machado

Sunday, October 5, 2014

Burundi, Ils ont marche sur les arbres!

Même qui n’était pas là aura entendu du « bluff d’un 1er Juillet des années 1980 ». Oui, c’était au Burundi, sous le leadership de Bagaza, J.B. C’était une question de créativité politico-militaire, de fierté nationale, de marketing national, de jeux –de chiffres-, de diplomatie, etc. Mais encore et surtout, d’endurance. Bref, le Proviseur Mobutu –et les multiples hôtes de la fête nationale burundaise-, voyant défiler les guerriers du « Souverain » Bagaza ; associant les quelques centaines et respectueuses troupes aux quelques machines protectrices de la sobre et humble Nation, la diversité de couleurs et d’autres trucs initiés pour l’occasion, Mobutu fit un recule dans sa décision d’attaquer le Burundi.   Tellement, ce fut une stratégie hautement pensée et organisée  et qui, par conséquent, suscita de la peur, mais surtout, du respect, dans tous les sens du concept.


Je ne développe pas le « imaginez-vous », puisque ce fut ainsi, une trentaine d’années après, et dans un autre cadre mais national et internationalisé. Un concert, deux soirées successives. « Deux », parce que tout le publique n’eut pas la chance d’entrer dans la salle de spectacle : archicomble, le Vendredi   26 Septembre. « Deux » parce que « un » concert des « Intatana » n’est jamais suffisant. Deux parce que c’est des habitudes dudit club socioculturel.
Par contre, pour qui n’eut pas la chance d’être à Bujumbura et au concert du weekend de fin Septembre, j’utiliserai le « imaginez-vous ».

Du nouveau. Imaginez-vous ces solides fistons du pays, mixer le tambour sacré, flute, « amazina ». Vers la fin, s’y ajoutait la basse de la guitare –le solo viendra après- et d’autres instruments de la musique et de la danse traditionnels et modernes. D’habitude, ça ne se marie pas. Par ailleurs, dans le respect des règles culturelles, ce ne fut qu’une des scènes de la fin de la séance introductive, dominée par le tambour Burundais. C’était clair, la soirée allait être chaude. Non, ça l’était déjà, dès le premier son produit par le tambour leader : normal, plusieurs ont la chaire de poule. Et puis, ces moments rares - dans un Burundi souffrant des séquelles des massacres et autres inhumanités-,  signifiaient aussi le « oublions les malheurs ce soir, et vivons », de Pascal, un des leaders du club « Intatana ».


Imaginez-vous ce mixage de la tradition et de la modernité, jusqu’aux couleurs de la soirée. Nostalgie des valeurs et héritages de l’époque royale. Imaginons ce qui se passait à  la Court Royale. Voyez les multiples instruments de la musique traditionnelle Rundi/Rwandais, instruments de la cuisine de chez nous, arborant -et aux couleurs nationales- les murs du devant de la scène. En fait, dans sa riche diversité, le ce club « Intatana » s’est transformé en toute une entreprise. Ils ne font plus que danser et chanter. Ils se spécialisent comme véhicules et modernisateurs de la culture et la beauté du Burundi : quand Christine –une des leaders du club- vous décore le lieu de fête traditionnelle, c’est à couper le souffre.

Innovation, notais-je. Un événement prophétique. Imaginez-vous ces donzelles qui entrèrent sur scène au saut de la corde. Pourtant, c’était une danse traditionnelle. Quoi d’autres, avez-vous loupé ? Des jeunes citadins, pour une grande part, des sportifs aux boucles d’oreille, je veux dire certains de ces vaillants garçons. En outre, qui a choisi la coiffure –unique- pour ces filles ? Particulièrement, imaginez-vous ce club pour qui, le temps est à la fois sacré et insignifiant –surtout lors de la présentation-. Demandons-nous par exemple, le temps qu’ils prennent pour apprendre toutes les danses nationales. Et si chaque danse -scène- s’accompagne d’une couleur authentique, imaginons-nous le rythme derrière la scène quand il faut changer de mascarade pour la danse suivante. Eclair ! Pourtant, on ne trouve pas d’erreur de frappe, une fois qu’ils/elles sont sur scène. Et puis, au style du concert de Sardou ou autres professionnelles de la scène,  ce club est le seul, ou du moins le premier à ne pas perdre ou faire perdre le temps, entre actes : les blabla sont remplacés par l’enchaînement direct. En d’autres mots, ils/elles ne partent jamais. Ils/elles se croisent, sortant et entrant sur scène. La question : savent-ils gigoter et tous, tous les pas des diverses danses ? On irait directement, « oui ». En tout cas, c’est le constat. Bien entendu, si tu observes bien, tu trouves des spécialisations. 

Et puis, « innovation » et « endurance », disais-je. Comme Jésus marchant sur les eaux, ces gars marchaient sur « les arbres ». Enfin, certains suspendus plus haut que d’autres sur des longs bâtons aux couleurs nationales, et avancer au rythme du son de la musique et de la danse. Et puis, ce n’est pas que de la danse et des chants : ce sont des sujets bien précis de société, traités culturellement. On se moque des faits sociétaux déplacés, comme on loue les valeurs  du cartel. Enfin, on étale des erreurs ou défis de la société : « Ibi bintu birazimvye bagabo. Ibi bintu biragumye. Muraduza gasekebuye mwibuka ko igihugu gikeneye inyubakwa ikwiye y’ibirori n’ibikorwa nk’ibi » (Cher public, ce genre d’activités est exigeant et cher. Quand le pays construit de ces belles maisons, pensons aussi à un centre assez vaste et propre aux événements comme ce spectacle). Ce qui est dit est dit ! Bizarre mais vrai, on ne voyait pas d’autorités étatiques à ce concert. Pourtant, il existe même un ministère chargé de la culture.

Un concert d’hommage : Oui, la danse et la musique est probablement la meilleure industrie culturelle et demandant le don de soi et l’esprit du groupe. Il se fait que trois membres du club
sont décédés récemment, et ce fut le moment de se rappeler de ce que les disparus apportaient à l’équipe. Quelle reconnaissance ! Ce club,  connu dans l’ensemble de l’EAC, en Afrique de l’Ouest  jusqu’en Chine rendait hommage à  des collègues à eux, « The Lion Story ». C’est une autre notoriété qui s’impose, quand au rythme du « Ras-Tafari », la société lui lance « Respect ». D’ailleurs, il n’y a pas longtemps, les deux clubs avaient fait un concert, du jamais vu au Burundi. Terminons par où nous débutions : le bluff ! Ils sont combien ? Numériquement, Claude-un jeune membre du club- me disait qu’ils sont autour de cent cinquante. Mais leurs spectacles valent des centaines, côté humain. Non, au fond, en plein spectacle, on ne sait jamais qui est « Intatana » et qui ne l’est pas.


The Machado

Aristide Muco (photos)