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Friday, November 28, 2014

Francophonie, trouvera-t-on aussi géant que Diouf ?

L'article fut publier en premier sur Isanganiro

Qui a dit que « Personne n’est irremplaçable? »  Et comment, pour être pratique, peut-on remplacer lettre sur lettre nos disparus. Oui, c’est exagéré voire incomparable –en ce qui concerne le secrétariat général de l’OIF. Rappelons qu’il est question de remplacer Diouf, le dauphin de Senghor, 1er noir Africain à l’Académie Française. Il faudra autant géant ou plus géant que Diouf, à considérer l’évolution de l’OIF et dans le monde actuel, mondialisé.  Et qui, et comment, et pourquoi faire alors ?

Un mastodonte à remplacer : le monde aura eu des titans, des génies, des héros, des ogres, etc., oui ils ont/ils existent. Visiblement, Abdou Diouf l’a toujours été, malgré l’évolution médiatique et géopolitique, l’énigme reste : « comment ce Sénégalais est parvenu à être plus qu’une autorité, une institution ? ». Mais encore, l’origine de l’autorité de Diouf conditionne la grande question actuelle : « Qui le remplacera-t-il  et pour quel agenda ? ».  De fait, c’est une question de taille, d’histoire –pour ne pas dire d’expérience, de comportement, etc.-, mais encore et surtout, de légitimité. Sur le plan économique et culturel, l’enjeu est aussi de taille : il s’agit d’un leader qui guidera une sphère qui doit « s’imposer comme lieu d’échange culturel face à l’hégémonie Anglos-saxonne : face à Google, Microsoft, Netflix, Amazone,... ». C’est Esther Kamatari, Altesse Burundo-Française qui rappelle la logique de la « Propagande silencieuse » (I. Ramonet).

En effet, Abdou aura été le seul et Homme Noir pour diriger si longuement -12 ans, soit en trois mandats- l’organisation basée sur une civilisation initialement blanche, la francophonie. En voudrait-on aux opinions qui considèrent encore l’organisation de « Néo-Françafrique ». Le nouveau S.G arrivera-t-il à convertir cette image colonisatrice ? Bref, remplacer Diouf à la tête de la Francophonie sera toute une révolution. Petit exemple : pour une telle institution en pleine conquête mondiale, une institution géopolitique et financière, qui tentera la conquête du Proche et Moyen-Orient comme Diouf l’avait initié, sans connaître les détours de la culture de ladite « région trésor »? Oui, les enjeux mondiaux, spécialement, l’argent se retrouvent –aussi- là-bas. Y’aura-t-il un remplaçant qui comprendra comme Diouf que, « Il y a une utilisation de la religion pour des appétits politiques ». Or,

La Francophonie devint plus qu’une sphère linguistique : Il y aura eu « La Baule ». Et l’Afrique en particulier fut chambardée –parce qu’elle n’était pas prête pour ce qui sera appelé, « démocratie ».  Autres exemples contemporains ? « Nous devons être auprès de la Guinée Conakry frappée par l’Ebola », et François Hollande n’a pas évoqué le Liberia ou le Nigeria.  Pourtant, les gens y mouraient aussi, mais ces sociétés plutôt anglophones gérèrent ce virus, plus rapidement. Mars 2014, nous écoutions passionnément Jimmy Carter, confirmer, « Les OMD sont un outil géopolitique ». Notre débat à Emory consistait en la signification de la Justice Sociale.

Par ailleurs, qui oubliera la place de la France –mère de la Francophonie- dans le conflit Ivoirien (2011),
Esther avec des amis
Malien (depuis 2012), Centrafricain (2013 et 2014), Burkinabès (2014), etc. Pourquoi des dictateurs Haïtien ou Tchadien (…) trouvent-ils refuge –leur droit aussi-, en France ? Le Rwanda, aurait-il raison en virant vers le Commonwealth après le génocide de 1994 ?  Princesse Esther, Ambassadrice de la Maison Guerlain – parfumerie distinguée de la France, va plus loin,  « 
Le défi majeur sera encore et surtout  l’éducation, bien sûr les droits de l’homme, sans oublier la coopération au sens de l’enrichissement mutuel et dans les respects des institutions ».  Bref, il faudra trouver un remplaçant de Diouf pour perpétuer le statut de la Francophonie comme projet politique, ou institution de promotion de la démocratie et de la bonne gouvernance, héritage de Diouf.

Pas qu’une femme, pas qu’un Homme : ce qui est sur, depuis Avril 2014 à Kinshasa, Diouf aura été clair, « Prolongation, jamais de la vie ». Présentement et dans les bourrasques politiques de son Afrique, Esther Kamatari, Conseiller Municipal à Boulogne-Billancourt, comprend Diouf et propose au future S.G de l’OIF de « Rassembler les différentes identités qui composent la communauté autour des valeurs communes et modernes».  Mais encore, c’est stratégique de la part de l’Europe Francophone que le S.G provienne d’ailleurs que d’Europe, si pas de l’Afrique  –nombre d’électeurs, par exemple-. C’est-a-dire que, pour un ensemble de pays comptant plus de 220 millions de locuteurs, bien que ce n’est pas qu’une affaire d’une personne, il serait mieux d’avoir un profil autant - au mieux - plus costaud qu’une expérience de 19 ans, à la tête d’une Nation telle le Sénégal.
Pour rappel, la France –seule- gère le TV5 Monde, l'Agence Universitaire de la Francophonie, l'AIMF et l'Université Senghor d'Alexandrie. Et la question reste : Qui occupera le fauteuil de Diouf ?  

En tout cas, des 12 candidats -au départ-, des éminents journalistes Francophones -FrançoisBugingo-, et Cheikh Touré –Mediapart- favorisent Michael Jean et Pierre Buyoya, dans leurs conclusions, à quelques jours du vote du nouveau Secrétaire Général de la Francophonie.

« Maktub », suggestion de l’écrivain Coelho. Oui, « c’est écrit ».  Seulement, le débat naît entre le rattrapage de l’histoire et la place des intérêts des plus concernés. Limitons les spéculations, et revenons à certains faits. Tenez, ce serait donc une compétition entre une Journaliste et un Officier Militaire. Tous deux, personnes de couleurs, ils devinrent politiques. Et les deux ont comme motivation, l’économie, une fois à  la tête de l’institution. Qui sait qui parle français, mieux que l’autre ? Du coup, l’accent français n’est plus un enjeu pour le Poste.  Mais encore, nous avons d’une part une ancienne Gouverneure Générale d’un pays décideur au sein de la francophonie, actuelle envoyée de l’UNESCO en Haïti ; d’autre part, nous avons un ancien Chef d’Etat d’un petit pays –jusque là et administrativement- francophone, et actuellement, Haut Représentant de l’Union Africaine pour le Mali et le Sahel –fief de la France-. (…). Le retraité militaire aura mené des missions de la Francophonie, jusqu’en Russie.

Michael J., avec un Burundais
ancien roomate a moi a l’université 
Mais alors, que préférera-t-on d’une femme, ancienne Représentante de la Reine d’Angleterre –Commonwealth-, à l’homme qui prit le pouvoir par coups d’Etat –deux fois- ? Anecdote : Buyoya déposa un Jean Baptiste Bagaza -1987- « Le Président déposé participait au sommet de la Francophonie », me disait l’Ambassadeur Cyprien Mbonimpa. Sur ces mêmes ondes, feu Ambassadeur Kanonko Philippe me précisait « le sommet se tenait au Canada », pays qui sera gouverné, plus tard, par sa concurrente, Michael Jean.

Déjà, Hollande F., propose une voie conciliatrice : il propose que le  Secrétaire Général  et l’Administrateur Général ne proviennent pas du même continent. Peut-on déjà penser qui sera qui/quoi ?


A ne pas négliger : certainement, la France négocie ses intérêts avec le Canada –énergie, facilités académiques, etc.- mieux qu’avec l’Afrique –énergies, troupes, minerais, etc.-. Politiquement, Isaac vivant au Canada, il commentait sur facebook –le 3 Novembre- « La Canadienne suivra-t-elle les orientations de la France, si elle occupe le siège du S.G ? » Cette observation nous mène au pouvoir et force de décision ou d’influence qu’aura le prochain S.G de la Francophonie. Par exemple, « Elle devra favoriser la libre circulation des idées et des valeurs mais aussi des personnes : ces africains qui peinent à obtenir des visas pour les espaces francophones », remarque le 1er mannequin –noir- de l’histoire de la couture française. Esther Kamatari sait ce qu’elle dit pour s’être rendue chez De Gaules depuis 1970.


Culturellement, je garderai le proverbe que feu Ambassadeur Mamadou Bah m’apprit –en présence du Président Buyoya d’ailleurs- : « On demande les odeurs des toilettes à la personne dont les narines en sont proches ». Et puis, le Premier Ministre Canadien et le Président Burundais sont attendus au Sénégal, au 15e sommet de la Francophonie. Soutient aux candidats ?

Audace Machado

Thursday, October 30, 2014

Compaore n'a pas détruit que Sankara

Une Révolution Iceberg : Cinq ans après, je n’en croyais pas encore mes petites leçons apprises du « Pays des Hommes Intègres ». En effet, je répondrais positif a la question de François Bugingo, pas pour les Québécois que je ne connais pas encore –beaucoup-, mais pour les Burkinabès qui m’hébergèrent pendant quelques jours, en 2009. Je sais qu’on ne découvre pas une société en quelques jours, mais il y a des signes qui ne trompent pas. Et puis, ça dépend de l’œil de l’observateur. D’ailleurs même les nôtres, on ne les « connait » que très passagèrement.
Source RFI
Oui, j’ai sifflé plusieurs motards et motardes –comme on fait chez nous-, avant que je ne sois ridicule ou considéré en fou propre, et qu’il me soit révélé qu’ils ne sont pas taxis, ces motocyclettes. Pourtant, à la fin de mon séjour à Ouagadougou, je serai conduit en moto à l’aéroport, par un type très courtois à qui je payais.  Courtois, était-il, comme la plupart de ces hommes aux pantalons noircis au niveau des cuisses –ils essuient la sueur des mains, à cause de la chaleur- que j’ai découverts conduisant des Mercédès verts. La question est, pourquoi ces frustrés ne se sont pas enragés plutôt en période d’été ? Il fait plus chaud là-bas aussi, non ?

Compaore, homme de dialogue ? Je dis, mon œil ! Mathieu Mabin lui propose l’idée que ce soit « l’image que Compaore diffusait jusque-là, au monde extérieur ». Mabin, n’a-t-il pas raison ? Tenter de changer la constitution, pour s’éterniser au pouvoir, je n’y trouve aucun caractère d’homme de dialogue. En tout cas, pas dans la logique de partage, de tolérance ou de reconnaissance des forces d’autres que soi. Autre preuve ? Qui a assassiné « Mogho-Naba » dit Le Capitaine Africain ? J’irais plus loin : « Il a été trouvé brûlés dans une jeep land cruiser », me témoignait Abdoulaye Diallo, Directeur du Centre Norbert Zongo –alors-. Il me parlait de l’Africain, massacré –des années qui suivront- comme Chebeya ou Manirumva, pour ne citer que ceux-ci.

« Malheur à ceux qui bâillonnent le peuple », confirmait le Capitaine Sankara. En tout cas, il y a une fin à tout ! Le Lundi 11 Avril 2011, j’assistais en directe à la chute honteuse de l’Homme fort du Sud-ouest, Cote d’Ivoire. Jusque cette après midi-là, je me demandais qui aurait cru en cette « fin du monde » pour certains. Plus encore, je me rappelle d’un ami vivant à Dubaï qui me disait -2011- qu’il ne peut jamais arriver à Kadhafi  ce qui arriva à Ben Ali et à Moubarak.  Je rigolais, pas par enchantement de ce qui bouleverse l’Afrique –ce n’est pas fini-, mais par le fanatisme de ceux qui ignorent ou ferment les yeux face à 1) certains enjeux mondiaux, 2) l’ignorance du concept politico-économique et social dit « contagion ». Oui, ca fait pitié : rappelons-nous-en, jusqu’à la dernière minute, on dit à ces dictateurs que « la situation est maîtrisée ». C’est quoi cette drogue ? « Sait-on ou il est Compaore cette après midi ? », entendais-je Leurent questionner sa correspondante Treiner.

Compaore aura détruit, tout. L’erreur de tous ? On se fait tromper sur les réalités, jusqu’au jour ou trop devient trop. Recours ? Tentative de l’armée ou de la
Source FB
police de contrôler les choses, or ils ne sont jamais éduqués à la négociation. Du coup, les gaz lacrymogènes se font accompagner de balles réelles. Cela veut-dire, tuer ! Et puis alors, « L’arrogance » ou l’ignorance des Chefs ! Au Burkina, j’habitais à Gouguin, au tournant de la Cathédrale St Pierre. Ce n’est pas à moins de deux heures de marche, de la ville. Souvent, j’y allais à pieds –comme les taxis finissaient tôt-, et quand je me perdais, il y avait toujours des gens devant chez eux à qui je pouvais m’adresser. Et, quelque soit l’heure, on m’avait dit qu’ « au Pays des Hommes Intègres », les gens étaient ainsi accueillants, surtout quand il est question d’étranger. En 2012, je me retrouvais face aux valeurs pareilles, lors d’un entrevue avec l’actrice Aminata Diallo Diaz, dite Kadi Joly. On m’avait dit que très rarement on se faisait attaquer par des bandits, dans ce pays.
Et maintenant alors ? Qui va arrêter la rage de ces gens enragés, appauvris, qui détruisent et pillent. En tout cas ça prendra du temps. Oh, économie ? Je serais étonné que le siège de l’UEMOA reste ouvert.

Il ne fallait pas : Il y a exactement trois mois avant cette marche sur Ouaga et Bobo, un ami me parlait, vers Shady Grove, de Ismail Sankara et de l’engagement de ce dernier  pour que Vérité éclate. Il ne fallait pas tuer lâchement Sankara. Un autre jour, alors que nous nous plaisions à discuter culture et politique dans un bar de Ouaga, un de ces enfants de colonisés français vint demander de quels pays nous étions. « Ici, on ne parle pas politique », nous lançait-il en rigolant. Il ne fallait pas corrompre et taire tout un peuple, en les distrayant avec les jeux, malgré leur appauvrissement.
Source RFI
Arrogance, disais-je. Compaore, se sentait-il obligé de répondre à  Obama «  L’Afrique n’a pas besoin d’hommes forts mais d’institutions fortes » ? Plutôt, je trouve qu’il a empiré sa faiblesse en n’y entrevoyant pas la dualité du genre « Autoritarisme et Démocratie ». Il ne fallait pas que ce soit lui qui « pécha en paroles ».
Et la suite de tout ça ? Surement que bientôt, les lumières allumées –symbole de la recherche de la Vérité - depuis l’assassinat de Zongo -1998-, s’éteindront. Et celles non visibles, allumées depuis 1987 –assassinat de Sankara et de ses 12 disciples- alors ?-

Détrompons-nous. Ni les 27 ans au pouvoir, ni -un peu plus- la manipulation de la constitution ne me semblent pas être le problème. Le problème semble : qu’est ce qui a nourri ces frustrations exposées en pleine rue et de la manière, et comment le calme sera-t-il restauré ? 

The Machado